CALME : CARACTÉRISATION ACOUSTIQUE DU LITTORAL MÉDITERRANÉEN ET DE SES ÉCOSYSTÈMES


Joyeux anniversaire : le réseau calme a trois ans !

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En appliquant les méthodes de l’écologie acoustique, CALME est le réseau de surveillance environnementale par acoustique passive de la sous-région marine ‘Méditerranée Occidentale’. Grâce à un programme d’échantillonnage unique en Europe, CALME mesure les paysages acoustiques sous-marins à l’échelle de la sous-région marine. Il en extrait la biophonie (les sons émis par les animaux marins) et l’anthropophonie (les sons émis par les activités humaines) i) pour évaluer l’état éco-acoustique d’habitats sensibles tels les herbiers de Posidonia oceanica, les assemblages coralligènes, ii) pour quantifier les usages anthropiques et leurs impacts acoustiques. Dédié principalement aux écosystèmes côtiers, CALME possède une composante hauturière de qualité. Identifié dans le programme de surveillance du plan d’action pour le milieu marin de la sous-région marine Méditerranée Occidentale, CALME contribue au recueil de mesures in situ pour les directives cadres européennes sur l’eau (DCE) et sur la stratégie pour le milieu marin (DCSMM, descripteur 11).

L’échantillonnage du réseau CALME de 2015 à 2017 – points noirs (x135) : positions de mesure du screening de façade ; triangles blancs (x3) : points d’écoutes continues ; ligne grise ( x770 kms) : trajet hauturier de glider ; encart 1:  glider SEAPLORER de la société Alseamar et sa charge utile acoustique ; encart 2 : mouillage et enregistreur EA SDA 14 de la société RTSYS utilisés pour le screening de façade et les points de mesure continus.

Le réseau CALME a débuté en 2015 sous l’impulsion de la campagne DCE 2015 pour laquelle l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse coordonne l’opération. L’idée a été de mettre à profit la campagne océanographique pour tester avec l’expertise de CHORUS un prototype du réseau CALME. Suite aux succès de cette première expérience, CALME s’est doté d’un programme d’échantillonnage unique en Europe. Une première composante « screening de façade » mutualisée avec les réseaux TEMPO et RECOR s’intéresse aux herbiers de Posidonia oceanica (isobathe 15 m et limite inférieure) et aux assemblages coralligènes. Chaque position d’intérêt est échantillonnée pendant une nuit par un enregistreur autonome RTSYS SDA 14 et la façade méditerranéenne française est explorée avec un rythme de 3 ans (67 positions en 2015, 38 positions en 2016 et 30 positions en 2017). Une seconde composante « points long terme » est constituée de mesures réalisée au point fixe en continu sur plusieurs années dans des sites de référence pour des questions particulières liées à l’écologie acoustique. Trois points de mesure sont opérationnels depuis décembre 2016 : la réserve de Carro dans le parc marin de la côte bleue pour l’étude de la fonctionnalité frayère, la pointe de la Revelatta à Calvi en tant que référence pour les herbiers de Posidonia océanica et le site de Cala Gonone en Sardaigne pour l’étude des têtes de canyons. Le réseau de points fixes sera complété en 2018 par un point dans l’aire marine Agathoise pour l’étude des usages. Le milieu hauturier est exploré avec un glider SEAEXPLORER déployé par Alseamar, planeur sous-marin autonome mobile. Les tests technologiques ont été validés en 2016 et une première exploration de 778 kilomètres et 30 jours a eu lieu entre Toulon et Calvi en Septembre 2017. Une année de mesure du réseau produit 44 Tera-Octet de données brutes. La chaine de traitement de ce flot de données a été développée en deux temps, 2016 pour l’extraction et la cartographie des niveaux sonores, 2017 pour la détection et la caractérisation de la biophonie des invertébrés benthiques, des poissons et des mammifères marins et pour la détection et la caractérisation des usages humains en mer. Les résultats de la chaine de traitement 2016 sont diffusés sur Medtrix et les résultats de la chaine de traitement 2017 seront diffusés sous Medtrix et sous la plateforme WEB-CALME (www.calme-network.com) en 2018.

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Cartographie de l’état éco-acoustique des invertébrés benthiques à l’échelle de la façade à partir du screening de façade. Les craquements émis par les invertébrés (oursins, crevettes, bivalves,…) sont détectés puis comptés (68 millions de sons d’invertébrés détectés entre 2015 et 2017), leurs niveaux sonores sont calculés. Un bon état éco-acoustique est déclaré si les sons sont nombreux et forts, le mauvais état est déclaré dans le cas contraire – quatre niveaux d’état sont évalués vert, jaune, orange, rouge du bon état au mauvais état.

Cédric Gervaise, Chorus