EXPÉDITION GOMBESSA 5 PLANÈTE MÉDITERRANÉE : UNE MISSION SCIENTIFIQUE DANS LA ZONE CRÉPUSCULAIRE (5/5)

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 «  Méditerranée. Parce que les hommes y voyagent depuis des millénaires, on la croit sans secrets. Parce qu’ils l’ont conquise et maltraitée, on la croit dévastée. Le berceau de nos civilisations serait devenu la poubelle de nos sociétés. Mais pire encore que la triste réalité, il y a le rêve meurtri : le calme de ses golfes clairs aurait fait taire l’appel du large. Vendue comme lieu de villégiature, elle n’incarnerait plus l’aventure… Et pourtant, si le tourisme peut tuer l’exotisme – et la pollution tout le reste – la Méditerranée est toujours une mer vivante, et elle est encore une mer à explorer. À seulement 100 m sous sa surface et quelques centaines de mètres de la côte, se cachent de vastes territoires sous-marins pratiquement vierges de toute connaissance scientifique. La zone crépusculaire, du fait de son accès difficile au plongeur traditionnel, est méconnue. Pourtant, elle pourrait être essentielle au fonctionnement des écosystèmes méditerranéens et représente un fabuleux potentiel de découvertes naturalistes. Si plonger à de telles profondeurs est toujours un challenge, y séjourner est un fantasme ; une utopie qui est devenue réalité au cours de la mission Gombessa 5. »

Laurent Ballesta – Biologiste et photographe sous-marin – Directeur des expéditions Gombessa – Andromède Océanologie

[ 5 ]  LA PROMESSE D’IMAGES INEDITES

 

Près d’une soixantaine d’espèces très rares (jamais illustrées vivantes dans leur milieu), rares (peu photographiées), ou remarquables par leur profondeur de vie ou leur comportement inédit ont été photographiées. En voici quelques-unes :

Le barbier perroquet adulte et juvénile (Callanthias ruber), espèce assez rare et surtout difficile à débusquer puisqu’il se cache parmi les barbiers communs aux couleurs similaires mais à la queue plus courte. Pétillants de rose, les barbiers communs : symboles de l’abondance. Cette abondance qui souvent empêche de voir la rareté, l’extraordinaire au milieu des ordinaires. Pourtant il est bien là : le barbier perroquet ! Le discret cousin du barbier commun, pour la première fois photographié vivant. Les différences sont à la fois subtiles et évidentes : un corps plus élancé, un œil plus gros, une robe clairement bicolore et une queue aux remarquables filaments. © Laurent Ballesta

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Le limbert à filament (Aulopus filamentosus), © Laurent Ballesta

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La crevette bossue (Balssia gasti), © Laurent Ballesta

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La reproduction des calmars veinés (Loligo forbesi). Le mâle se place sous la femelle, leurs tentacules s’entrelacent… Le mâle dresse alors son bras inférieur, le retourne et le glisse sous le manteau de la femelle. Ce bras modifié transporte les sacs de spermatozoïdes tout près des œufs encore à l’intérieur de la femelle. Cela n’arrive qu’une seule fois dans leur courte vie. Les calmars naissent et, trois ans plus tard, ils s’accouplent et en meurent. Sous la mer, des passions se jouent, calmes ou brutales, durables ou fatales, et nul ne s’en doute sur Terre. © Laurent Ballesta

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La porcelaine des gorgones rouges (Simnia purpurea), © Laurent Ballesta

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L’araignée élégante (Latreillia elegans), © Laurent Ballesta

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La parade nuptiale des murènes (Muraena helena), © Laurent Ballesta

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La morue cuivrée (Gadella maraldi). Croiser un poisson que l’on ne connaissait pas, jamais illustré vivant… Observer pour la première fois les ondulations de son corps élancé, l’éclat de ses gros yeux… Contempler la discrète vitalité de celui qui jusque-là n’était qu’une référence formolée, oubliée dans la collection poussiéreuse d’un obscur Muséum… Pouvoir lui donner un petit nom inspiré – pourquoi pas – des reflets métalliques de sa robe qui brille au fond de la Méditerranée… À l’heure de la grande extinction, il s’agit moins d’un espoir que d’une consolation mais tant qu’il y aura des morues cuivrées à baptiser, rien ne sera tout à fait perdu. © Laurent Ballesta

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Le crabe parthénope à longues pinces avec ses œufs (Spinolambrus macrochelos), © Laurent Ballesta

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Le serpenton à long nez (Ophisurus serpens), © Laurent Ballesta

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Coraux arborescents jaunes (Dendrophyllia cornigera). Ce n’est pas au coeur des Antilles, ni autour de Mayotte, ni dans les Îles Éparses, ni à la Réunion. Ce n’est pas non plus en Polynésie, ni en Nouvelle- Calédonie, pas même à Wallis et Futuna et encore moins à Clipperton. Ces coraux jaunes s’épanouissent au Cap d’Antibes, en France métropolitaine mais bien loin de la surface. Ironie de nos physiologies limitées, ces coraux sont finalement moins accessibles que leurs cousins tropicaux. © Laurent Ballesta

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 Le gobie de Kolombatovici (Gobius kolombatovici), © Laurent Ballesta

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L’éponge orange (Poecillastra compressa), © Laurent Ballesta

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La chasse du chapon sur les crevettes narval (Scorpaena scrofa vs Pleisionika narval), © Laurent Ballesta

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Le parasite Sacculina sp. sur la crevette cristal (Periclimenes scriptus), © Laurent Ballesta

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Les laminaires de Méditerranée (Lanimaria rodriguezii). Il existe dans les grandes profondeurs de la Méditerranée de vastes champs d’algues brunes. Si les feuilles des laminaires sont immenses, les sites restent rares. Ce n’est sans doute que quelques dizaines d’hectares à peine, et toujours au-delà de 80 m de fond. Les méditerranéens n’en demandaient pas plus : la Bretagne n’a plus le monopole des grandes forêts sous-marines. © Laurent Ballesta

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Le sébaste chèvre (Helicolenus dactylopterus), © Laurent Ballesta

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Près de 140 photographies d’espèces et de paysages illustrés pendant l’expédition Gombessa 5 sont disponibles sur la plateforme Medtrix, au niveau de l’observatoire des espèces et des paysages marins MER-VEILLE

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La nouvelle technique de plongée développée dans le cadre de l’expédition Gombessa 5 ainsi que les protocoles innovants mis en place pour explorer la faune / fore de la zone crépusculaire sont valorisés à travers un film long métrage de 90 minutes réalisé pour la chaine de télévision ARTE et d’un documentaire scientifique de 26 minutes produit pour l’Agence de l’eau RMC. La bande annonce offcielle du film long métrage est disponible sur la page YouTube Gombessa expéditions, ainsi que l’ensemble des vlogs réalisés tout au long de l’expédition par Lorie Guilbert, vidéaste et journaliste reporter d’images. Par ici

À tout voyage, son véhicule. Vers les étoiles, un vaisseau spatial, vers les abysses, une station bathyale. Les grandes profondeurs sont les planètes lointaines d’une galaxie voisine. 100, 120, 140 m, ces distances sont dérisoires et infranchissables à la fois. Cet univers, n’est ni proche ni distant, il est ailleurs. Alors l’atteindre, c’est rejoindre un monde parallèle : Laurent Ballesta et ses camarades sont allés très loin, mais ils ne sont pas vraiment partis. Ils sont restés chez eux, en Méditerranée profonde, 28 jours sans retourner à l’air libre. Dans la lumière crépusculaire d’espaces encore vierges, la vie était éblouissante. Là où peu de plongeurs s’aventurent, se trouvent des oasis qui semblent résister à la destruction et à l’extinction. Ce sont les derniers refuges de tous les refoulés d’un littoral sous pression.

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Voici les portraits de ces inconnus en sursis, les paysages de ces territoires en péril. Plus qu’un nouveau monde, c’est une autre planète, la Planète Méditerranée. Le nouveau livre Planète Méditerranée est disponible ici !

L’EXPÉDITION GOMBESSA 5 “PLANÈTE MÉDITERRANÉE” N’AURAIT PAS ÉTÉ POSSIBLE SANS LE SOUTIEN DES DIFFÉRENTS PARTENAIRES :

remerciements

 … ET DE TOUTES LES PERSONNES QUI ONT PERMIS LE BON DÉROULEMENT DE CETTE MISSION :
• L’équipe des plongeurs profonds : Laurent Ballesta, Antonin Guilbert, Yanick Gentil et Thibault Rauby.
• L’équipe SUPPORT SURFACE : Jean-Marc Belin, Thomas Pavy, Justine Rauby, Jordi Chias, Cédric Gentil et Florian Holon ;
• L’équipe FLOTTE : Stephen Mauron, Thomas Pavy, Tangi Le Bot, Noémie Agel et Mélanie Santo ;
• L’équipe SCIENTIFIQUES : Julie Deter, Florian Holon, David Mouillot, Emilie Boulanger, Jean-Baptiste Juhel, Laure Velez, Régis Hocde, Michèle Leduc, Annick Donnay, Costantino Ballestra, Guilhem Marre, Thomas Bockel, Gwénaelle Delaruelle, Nicolas Mouquet, Martin Daufresne, Fanny Baudouin, Jeroen Van De Water, Christine Ferrier-Pages, Pascal Romans, Julie Lossent, Emmanuel Wafo, Bartsch Imka, Klaus Valentin, Andreas Wagner, Lauric Reynes, Thierry Thibaut, Neusa Martins et Benoît Ropars ;
• L’équipe INPP : Théo Mavrostomos, Romain Orlandini, Stéphane Ceniccola, Philippe Guarracino, Eric Guieu, Daniel Coulomb, Richard Gamba, Eric Albier et Gérard Chiarazzo ;
• L’équipe REMORQUEUR : Martial Croajou et Bertil Chambon ;
• L’équipe FILM : Gil Kebaïli, Manuel Lefevre, Cédric Gentil, Yann Rineau, Damien Luquet, Damien Chatard, Florian Dimaggio, Roberto Rinaldi, Marco Panico, Yanick Gentil, Kevin Peyrusse, et Lorie Guilbert pour la partie réalisation – et Vivien Lemaignan, Mélanie Van Kempem et Bénédicte Richard pour la partie production ;
• L’équipe LOGISTIQUE : Charlotte Bigard, Tangi Le Bot, Marie Guillot, Agathe Blandin, Célia Fery et François Mouren-Provensal. Ainsi que les coordinateurs d’expédition, chargés de la communication et de l’animation sur les réseaux sociaux : Caroline Ballesta, Sylvie Jaumes, Pierre Descamp et Mathieu Bourgarel.


Les photographies proposées ne sont pas libres de droits et les crédits respectifs doivent être respectés.



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