RESPIRE

projet respire
© Amélie Fontcuberta - Ecocéan

SURVEILLANCE DU RECRUTEMENT LARVAIRE EN MEDITERRANEE

S’appuyant sur la Directive Cadre européenne « Stratégie pour le milieu marin » (DCSMM), et sa volonté d’atteindre le « bon état écologique » de l’ensemble des eaux marines, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (AERMC) a initié, en collaboration avec ECOCEAN, le réseau de surveillance RESPIRE. Déployé dans le but de décrire la dynamique spatio-temporelle de l’arrivée des post-larves de poissons sur les côtes de la Méditerranée, ce réseau a été mis en place en 2014, et les premiers suivis ont débuté en mars 2015. 25 sites de suivis sont aujourd’hui répartis sur toute la côte méditerranéenne française, en Corse et au Maroc. Les comptages s’effectuent sur des Unités d’Observation Standardisées installés dans des ports de plaisance (reconnus dans la littérature comme des zones de nurseries), puis sur des zones à l’interface entre le milieu ouvert et les zones de nurserie (les digues et les enrochements en sortie de port) et sur des zones naturelles à proximité.

 

Le réseau RESPIRE ne vise pas l’évaluation exhaustive des assemblages de jeunes poissons mais, à l’image d’autres dispositifs de surveillance, permet d’avoir une représentation la plus pertinente possible d’éléments biologiques, les post-larves et juvéniles de l’année, maillon essentiel dans le renouvellement des populations naturelles dont l’écologie reste peu connue et fait actuellement l’objet de nouvelles recherches plus approfondies.

Le premier cycle de surveillance, de 2015 à 2018, a permis d’ajuster les suivis, à la fois en termes de période d’observation que de répartition spatiale. Entre 2018 et 2020, les données ont été analysées pour proposer des premiers seuils de qualité de la colonisation.

 

Depuis ces cinq dernières années, les objectifs du réseau ont évolué (mise en place des protocoles de suivis, de la temporalité des comptages, du choix des sites). Les principaux restent aujourd’hui de :

  • Etablir l’état écologique des populations de post-larves qui arrivent à la côte et contribuer à définir l’état écologique des populations de poissons côtiers ;
  • Acquérir des données permettant de caractériser l’intensité d’arrivée des jeunes stades de poissons pour, in fine, se projeter sur la dynamique de population des espèces adultes en zone côtière ;
  • Disposer de supports de connaissance et de recherche, ainsi que des documents de référence sur l’état du recrutement larvaire sur la côte méditerranéenne.

 

Néanmoins, les objectifs du réseau RESPIRE s’attachent aujourd’hui principalement à établir l’état des populations de post-larves/juvéniles qui colonisent la côte, en proposant des seuils de qualité. C’est pourquoi, afin de prendre en compte les différents critères environnementaux pouvant expliquer le recrutement larvaire de certaines espèces, à certains endroits, une typologie de suivi a été proposé en 2020.

 

Les typologies permettent en effet de définir et de classer des zones géographiques différentes selon des critères physiques, chimiques, géologiques et/ou biologiques, dans lesquels plusieurs sites pourront être considérés comme similaires. La Directive Cadre sur l’Eau avait déjà appliqué des critères reconnus comme étant des éléments de forçage de la vie marine pour le découpage des masses d’eau côtières. La typologie DCE a donc été une base de travail pour élaborer celle du réseau RESPIRE, sous réserve d’appliquer en complément des critères spécifiques à la colonisation des post-larves, comme :

 

  • Les critères géomorphologiques, avec :
    • Le renouvellement des eaux (Source DCE 2010)
    • La profondeur (Source DCE 2010)
    • La pentec’est à dire la distance à la côte de l’isobathe 50m (Source : SHOM 2015) ;
  • Les critères écologiques les plus spécifiques, avec :
    • La température maximum l’été dans les masses d’eau (Source : Copernicus 2018) ;
    • Les habitats côtiers majoritaires de la masse d’eau jusqu’à l’isobathe 20m (Source : DONIA, 2019) ;
    • Et en lien, la fragmentation des habitats jusqu’à l’isobathe 20m (Source : DONIA, 2019).
  • Les pressions pouvant principalement impacter l’installation des larves de poissons avec :
    • Les impacts des aménagements (Source : IMPACT, Andromède 2016)
    • Les impacts des cours d’eau (Source : IMPACT, Andromède 2016)

 

Ces différents critères ont permis d’obtenir 7 typologies sur la façade continentale, complétées par 5 typologies sur la façade corse.

 

Une fois les typologies définies, il a été nécessaire d’identifier, pour chacune d’entre elles, des sites de suivis les renseignant, avec :

  • Un site de Référence par typologie : c’est un site considéré comme « sans pression ». Le degré de pression sera défini selon la typologie, car certaines typologies seront logiquement plus sous pression que d’autres. Ce site de référence sera une zone naturelle, suivie en transect.
  • Un ou plusieurs sites de Surveillance, soumis à plus ou moins de pressions ou à différentes pressions, ainsi qu’à différents taux de fragmentation des habitats (représentant différents habitats dans une typologie). Ils sont représentatifs de l’hétérogénéité de la typologie. Ces sites de surveillance étant potentiellement situés dans des zones aménagées, ils sont suivis grâce à des UOS installées dans les ports, et à des transects réalisés sur les digues ou les enrochements.

On comptabilise aujourd’hui, en 2021, 12 sites de Référence et 22sites de Surveillance.

 

Répartition des sites de suivis selon les typologies RESPIRE (Version 2021).

 

 

Ces sites permettent de renseigner les typologies, notamment avec :

  • Des grilles de qualité de la colonisation par espèce (élevée, moyenne, faible).
  • Un fonctionnement de la typologie selon les guildes trophiques représentées.
  • Ou encore, l’état de la colonisation des sites de Surveillance par rapport à un état naturel.

 

Les données compilées sont présentées sur la plateforme Medtrix, et des documents de synthèse, téléchargeables, comme ces Fiches typologies évoluant tous les ans en fonction des analyses annuelles.

 

 


 

Stratégie temporelle : fréquence annuelle d’acquisition des données lors de trois campagnes (mars, juin, octobre)

Stratégie spatiale : Trois échelles de suivis expertisées :

– L’Intérieur de zones artificielles, sur des UOS (Unités Standardisées d’Observation) : points fixes de 3 minutes ;

– L’Interface entre le milieu artificiel et le milieu naturel (enrochement, digue) : 3 transects de 10 mètres.

– Les zones naturelles (petits fonds côtiers), références d’un milieu non anthropisé et non/peu impacté par les activités humaines : 3 transects de 20 mètres.

 


 

Les suivis sur les zones artificielles : relevés sur des unités d’observation standardisées (sous les pontons ou sur les quais) sont réalisés par un plongeur immergé en apnée, entre 0 et 1 mètre de profondeur, positionné à 1 m de distance du Biohut et réalisant le comptage sur sa tranche (pour les Biohut ponton) ou sur sa face (pour les Biohut quai). Tous les individus situés jusqu’à 1 mètre de part et d’autre du Biohut sont pris en compte. Le comptage commence quelques minutes après l’immersion du plongeur, afin de limiter les perturbations et permettre à certains individus de revenir. Durant 3 minutes, le plongeur relève la diversité spécifique (espèces, famille, classe trophique…), l’abondance et la taille (classe de taille définie). Pour ces comptages, seuls les individus <100mm considérés comme des recrues de l’année sont pris en compte.

 

 

 Les suivis sur les interfaces : relevés sur les digues ou les enrochements sont réalisés dans les mêmes conditions de profondeur, le long d’un transect de 30 mètres, positionné sur une zone représentative du site, au plus près des roches de la digue. Les paramètres relevés sont les mêmes que sur les unités standardisées, et les mêmes précautions sont prises à la mise à l’eau. Ce suivi a été ajusté en 2018. Entre 2015 et 2017, les suivis étaient réalisés en point fixe. Désormais, le suivi par transect est appliqué car il répond mieux aux exigences du terrain.

Ces deux premiers protocoles utilisés sont issus des programmes NAPPEX (Bouchoucha et al., 2016) et GIREL (Mercader et al., 2017). Ils permettent d’obtenir rapidement les principales caractéristiques du peuplement, mais également de disposer de données comparables entre différents sites.

 

 Les suivis de zones naturelles consistent à effectuer un transect de 60 mètres sur une zone de petits fonds côtiers rocheux, préalablement déterminée à partir de photos aériennes. Les transects se font par un plongeur immergé en apnée, entre 0 et 1 mètre de profondeur, et sur un mètre de large. Durant le suivi, le plongeur avance lentement en suivant la côte et relève la diversité spécifique (espèces, famille, classe trophique…), l’abondance et la taille (classe de taille définie). Pour ces comptages, seuls les individus <100mm considérés comme des recrues de l’année sont pris en compte.

 

 

 

 


 

Entre 2015 et 2020, vous pouviez accéder, sur la plateforme (“Accéder aux cartes”), à une Fenêtre POP UP avec une fiche synthétique de résultats par sites de suivis (icône étoile). Cette fiche compilait aussi bien les données d’abondance et de diversité au cours du temps, que les protocoles suivis ainsi que les zones expertisées. Ces fiches seront toujours téléchargeables (compilation des données 2015-2020 par sites).

A partir de 2021, les données seront présentées par typologie. Une typologie permet de définir/classer des zones géographiques différentes selon des critères physiques, chimiques, géologique et/ou biologiques, dans lesquels plusieurs sites pourront être considérés comme similaires. Le travail réalisé en 2020 a permis de regrouper les sites de suivi entre eux pour définir 7 typologies de suivis sur la façade continentale et 5 typologies sur la façade Corse.

 

Les typologies seront qualifiées par :

  • Un site de Référence par typologie : c’est un site considéré comme « sans pression ». Ce site de référence sera une zone naturelle, suivie en transect.
  • Un ou plusieurs sites de Surveillance, soumis à plus ou moins de pressions ou à différentes pressions. Ils sont représentatifs de l’hétérogénéité de la typologie. Ces sites de surveillance étant potentiellement situés dans des zones aménagées, ils seront suivis grâce à des UOS installées dans les ports, et à des transects réalisés sur les digues ou les enrochements.

Contacts : Amélie FONTCUBERTA (amelie.fontcuberta@ecocean.fr)  / Anais GUDEFIN (anais.gudefin@ecocean.fr)

Porteur du projet :  Ecocean   –   https://www.ecocean.fr/

Source des données : ECOCEAN et CEFREM

Fréquence d’actualisation : L’actualisation s’effectue 3 fois par an (mars, juin et octobre), juste après les suivis in situ.

Partenaires actuels : Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse, CEFREM, STARESO, Université de Rabat (Historiques : IFREMER, Aquapassion).

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